Introduction
Le collège Saint-Joseph de Saint Saturnin accueille les élèves dans leur diversité et propose des projets variés tenant compte des besoins et des attentes des différents profils d’élèves.

Aussi, depuis plusieurs années le collège s’est-il ouvert aux élèves atteints de troubles du langage afin de leur proposer une structure qui tente de répondre à leurs difficultés.

En effet, devant l’échec scolaire de ces enfants, une proposition sérieuse et réfléchie s’imposait à la vue des interrogations :

Quelle aide apporter à ces élèves ?

Quelle structure mettre en place pour donner à ces enfants l’envie de renouer avec le système scolaire et retrouver une motivation certaine ?

Quelles orientations proposer ?

Comment concilier les difficultés des élèves et le système scolaire actuel ?

Ces élèves ne présentent pas de déficiences intellectuelles ou sensorielles. Ils sont atteints de troubles qui les empêchent de se réaliser pleinement à l’école.

De fait, il est important que les éducateurs puissent en comprenant mieux ces troubles du langage oral et écrit aider l’élève dans le long parcours de la reconstruction de sa confiance en lui et en ses capacités et éviter le sentiment de dévalorisation.

La dyslexie peut être définie comme la maladie d’un enfant normalement intelligent qui présente un retard de langage deux ans par rapport à l’âge normal.

Elle se décline :

·La dyslexie phonologique qui se caractérise par une altération de la voie d’assemblage, la difficulté à lire des logatomes (mots sans sens) et des difficultés à accéder à la procédure phonologique.

·La dyslexie de surface qui est une déficience de la voie d’adressage, l’enfant maîtrise les sons mais éprouve des difficultés à appliquer les règles grapho-phonologiques pour les lettres dont la prononciation dépend du contexte, il prononce souvent des lettres muettes enfin les mots irréguliers sont lus par analogie.

·La dyslexie visuo-attentionnelle réside dans les confusions de graphèmes visuellement proches (b/d ; an/on ; on/ou ; m/n), l’élève maîtrise les correspondances graphie-phonie, enfin il est à noter une grande fatigabilité chez ces enfants.

Les dysorthographies sont des troubles de l’apprentissage de l’orthographe, il y a altération de la transcription du phonème entendu en graphème.

Elles sont dans de nombreux cas associées aux dyslexies citées précédemment.

 

2. L’élève dyslexique

L’élève dyslexique se retrouve confronté à différents problèmes : problèmes existentiels en se sentant rejeté par ses camarades, non compris de ses professeurs et parfois de sa famille.

D’où la nécessité d’adapter le système scolaire aux difficultés de l’élève et non l’inverse ce qui ne pourrait être qu’un nouvel échec pour l’enfant.

3. La structure

 

Cette structure est mise en place grâce à un projet individualisé élaboré avec les différents partenaires et réactualisé chaque année afin d’évaluer les progrès réalisés par l’élève.

Elle s’articule autour de :

 

schéma accueil dyslexie

Le rôle des différents partenaires,

Le centre médical réalise les bilans afin d’établir un diagnostic précis du trouble. Ce bilan est indispensable lors de l’inscription de l’enfant au collège. Il peut se réaliser au CHU de Nantes, au centre du langage, au centre hospitalier Clocheville de Tours, au CHU d’Angers ou au CHU Pontchaillou de Rennes. Il assure également un suivi tout au long de la scolarité de l’enfant.

Les orthophonistes assurent la rééducation de l’élève et le reçoivent sur le temps scolaire. Le nombre de séance dépend de la sévérité du trouble.

Les psychologues sont à l’écoute des élèves et de leurs interrogations notamment en ce qui concerne les changements survenus lors de l’entrée au collège.

Les enseignants reconnaissent le trouble de l’élève et mettent en place des moyens pédagogiques adaptés afin d’aider l’élève à acquérir une autonomie certaine.

Les parents sont présents tout au long de la scolarité de leur enfant en s’investissant tant sur le plan du travail que sur celui de l’organisation.

Ces différents acteurs agissent de concert afin de placer l’enfant au centre d’une structure cohérente et compétente.

Les différents partenaires peuvent être amenés à se rencontrer lors de concertations, de réunions ou des conseils de classe.

 

4. Les modalités d’inscription

L’inscription de l’élève se fait en accord avec l’élève, les parents, les orthophonistes, le centre médical et l’établissement.

Le dossier d’inscription se compose :

D’un bilan médical réalisé dans un centre médical référent cité ci-dessus.

D’un bilan orthophonique de moins de 6 mois.

D’un questionnaire rempli par l’enseignant de primaire.

De productions écrites en français, histoire-géographie, mathématiques ou cahiers de l’enfant.

D’un entretien avec la personne ressource de l’établissement.

Ce dossier est transmis au collège et une commission composée d’enseignants se réunit afin d’étudier les candidatures et prononcer l’inscription définitive de l’élève.

Dans le cas contraire une autre orientation peut être proposée à savoir l’inscription en SEGPA par exemple.

Un test de QI est parfois conseillé afin d’évaluer les possibilités de l’élève, il est réalisé par un psychologue.

Enfin, l’inscription de l’élève peut à tout moment être remise en question si ce dernier ne montre pas un comportement honnête et volontaire.

L’élève est inscrit pour 4 ans au collège et suit le cursus en classes "dyslexie " toutefois en accord avec les enseignants, les parents et l’élève lui-même il peut lui être proposé d’entrer en classe sans soutien spécifique dyslexie.

En cas de difficultés importantes le retour dans la structure est possible à tout moment.

 

5. Les objectifs de la structure

Cette structure est présente de la 6ème à la 3ème et concerne un nombre volontairement limité d’élèves. Ce dernier ne dépasse pas la moitié du nombre total d’élèves.

En effet, les élèves sont intégrés dans des classes d’enseignement général et la majorité des cours sont dispensés en classe entière.

Toutefois, certains cours ont lieu en demi-groupe tel l’anglais. Les élèves peuvent ainsi faire l’apprentissage d’une langue étrangère à leur rythme.

En ce qui concerne les autres matières 1 heure sur la dotation globale par classe est consacrée aux élèves dyslexiques afin d’approfondir le cours, préparer une évaluation ou acquérir des mots spécifiques.

Les points forts à travailler sont discutés lors de concertation entre les différents enseignants de la classe.

Ainsi, les objectifs de la structure au collège sont de :

Réinsérer l’élève dans un cursus scolaire normal duquel il a été plus ou moins évincé.

Permettre à l’élève de reprendre confiance en lui en le valorisant.

Faire progresser l’élève afin qu’il soit plus rigoureux dans son travail et dans son comportement en lui redonnant des repères.

Valoriser ses compétences.

Tendre vers une certaine autonomie en mettant en place des stratégies de substitutions.

Accepter son trouble et pouvoir en tirer parti pour progresser.

Donner à l’élève une chance de réaliser ses rêves.

 

6. Les aménagements pédagogiques

La prise en compte d’élèves dyslexiques nécessite des aménagements et une " autre manière d’enseigner ".

Dès l’entrée en classe de 6ème des aménagements spécifiques sont mis en place tels que :

La photocopie du cours

L’utilisation de couleurs notamment en ce qui concerne les différentes catégories grammaticales.

Lecture des consignes et des objectifs.

Des consignes et des objectifs de cours courts et précis.

Des évaluations adaptées au type de dyslexie.

Des critères d’évaluation précis (être capable de s’exprimer à l’oral, écouter et respecter les autres, écrire des phrases simples, être capable d’utiliser le vocabulaire vu en classe, soigner son travail et son matériel).

Un cahier est débuté dès la 6ème et sert de lien entre les différents niveaux du collège. Il est la mémoire des compétences acquises de l’élève et ce dernier peut s’y reporter à tout moment. Il comporte différents domaines (lecture, écriture, orthographe, grammaire, vocabulaire) et est utilisable par tous les enseignants de la classe.

 

7. La formation

Une telle structure ne peut exister que si les enseignants connaissent les difficultés des élèves, aussi une formation spécifique est indispensable. Débutée dès l’ouverture de la classe de 6ème en 1999, elle se poursuit en essayant d’être la plus ciblée possible.

 

8. Conclusion.

Il s’agit avec cette structure de répondre à plusieurs attentes, celles de l’enfant, des parents, des orthophonistes et des enseignants.

Elle se doit de :

Prendre en compte l’élève et ses difficultés.

Permettre à l’élève de poursuivre une scolarité normale et atteindre ses objectifs.

Donner à l’élève la possibilité de mettre en place des stratégies de substitutions.

Aider les élèves en cernant leurs difficultés et en essayant d’apporter des réponses adaptées.

Poursuivre et étendre cette intégration.

Travailler en réseau avec d’autres établissements, s’enrichir d’expériences plurielles.

Etablir un partenariat avec les orthophonistes et le milieu médical.

 

Une telle structure ne peut exister et perdurer sans le concours de tous les partenaires et leur investissement.

De même, cette intégration nécessite des moyens tant humains que matériels tels qu’une dotation spécifique qui permettrait un soutien plus important et la reconnaissance d’un travail de tout un groupe.

 

Annexe au dossier concernant la prise en charge.

 

Un telle structure nécessite des moyens qui peinent à être mis en place. Ainsi, une prise en charge des troubles spécifiques du langage demandent du temps, de la concertation, des échanges et des formations.

Une reconnaissance du travail effectué par les enfants, les parents et les enseignants est également un point important pour la poursuite et la pérennité de ces structures.

 

A partir de mon expérience et de ma pratique fortes de six années, il me semble que :

Une enveloppe horaire spécifique aux troubles du langage devrait être allouée aux établissements qui offrent une structure de qualité à ces enfants.

Un temps de concertation devrait pouvoir être pris en charge par l’Education Nationale sur le temps scolaire. Les enseignants ont besoin d’échanger sur leurs pratiques mais également mettre en place un travail commun afin de faire progresser l’élève.

La mise en place de réseaux d’établissements afin de s’enrichir de l’expérience des autres, ce type de réseau existe dans l’enseignement privé sous la forme d’un fédération.

L’élaboration de dossiers ressources afin que chacun puisse être informé sur les troubles du langage et y trouve recommandations et conseils.

La présence dans chaque département de personnes qualifiées et reconnues afin de dépister clairement le type de troubles dont est atteint l’enfant.

La mise en place de structures adaptées dès l’enseignement primaire, des expériences existent et elles portent leurs fruits.

Une information sur les différentes structures existantes afin d’aider les parents dans leurs démarches afin d’éviter un nouveau parcours du " combattant ".

Une reconnaissance des difficultés pour l’aménagement des examens et diplômes en fonction du trouble sans que l’enfant n’ait à chaque fois à prouver ses difficultés. Une uniformisation de ces aménagements sur le plan national est indispensable. En effet, les décisions concentrées dans les mains d’une seule personne, le médecin scolaire de surcroit, ne semble pas judicieuses.

Enfin, il serait bon que les milieux éducatifs et de la santé puissent enfin travailler de concert afin d’aider l’élève à surmonter ses difficultés et à suivre une scolarité normale.

 

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